Kazuaki Tanahashi

Dans la tradition orientale il n’est pas permis de retoucher ou d’effacer ce que le pinceau a tracé sur le papier. Tout trait de pinceau doit être fait de façon decidée: il n’y a pas de retour. C’est comme dans la vie.
(Kazuaki Tanahashi: Brush Mind)

Né au Japon en 1933, Kazuaki Tanahashi a evolué toute une vie d’artiste entre Orient et Occident. Déjà pendant ses études de la calligraphie chinoise et japonaise à partir de 1956 il prenait aussi des leçons particulières de peinture à l’huile, et son propre œuvre allait tôt dans une direction proche de Jackson Pollock et de Franz Kline. En 1964 / 65 les États-Unis virent les premières expositions de ses peintures, et ce n’est sans doute pas pur hasard qu’il habite en Californie depuis 1977. Au pays des hommes monosyllabes le joli nom de Kazuaki changeait en Kaz, et Kaz devenait un infatiguable lutteur pour la paix et pour le respect vis-à-vis de la création, tout en accord avec la voie du Zen.

La tradition asiatique voit une source commune de la calligraphie et de la peinture. Les deux sont part et manifestation du continuel procès de la création, dans lequel s’inscrit l’artiste. C’est la raison pourquoi la peinture touche toujours quelque chose d’essentiel. Même produite de façon tout-à-fait detendue et desinteressée, elle n’est jamais contingente. Malheureusement il n’y a pas de produit parfait, à moins qu’on ne prête à tout trait de pinceau, à tout cercle son caractère complet, unique et irreductible. Donc l’artiste ne peut faire autre chose que reprendre le pinceau et l’appliquer de nouveau sur une nouvelle feuille de papier. Ainsi l’enseignement des arts asiatiques se concentre toujours sur le gestuel d’une chose – comment tenir le pinceau, l’agilité du poignet, le mouvement des epaules et de la hanche ( Kaz emploie parfois de pinceaux géants !). Là seulement on peut dire du précis, la chose elle-même ou le but du mouvement ne se discutent pas. De là découle evidemment aussi la forme d’alienation propre aux cultures asiatiques : le cérémoniel, raffiné pendant des siècles, qui parvient à faire obstacle à toute manifestation de vie. Moins de travail, dirait notre maître calligraphe, moins d’application, surtout moins : Moins de jugement, moins d’essai, moins d’amelioration, moins de regrêt. Pour se joindre aux soupirs de ses lecteurs et élèves occidentaux en exprimant le scandale de la créativité et de la recherche d’un sens dans la vie : Des sages moines affirmeront peut-être que l’illumination peut avoir lieu à tout moment. D’artistes illuminés diront que c’est ici-même et maintenant les chef-d’œuvres. Seulement ces choses-là, pourquoi sont-elles toujours de quelques centimetres distantes de moi ?

Les cercles

La voie spirituelle peut être comprise comme un chemin sinueux, montant et descendant, avec un point final quelque part loin au-delà. On pourrait aussi la prendre comme une suite de cercles, l’un se dessinant après l’autre dans un mouvement continuel. Chaque cercle est la plénitude de l’instant, comprenant toute sa signification. Un cercle dessiné au pinceau par un maître du Zen peut exprimer cette idée. Chaque cercle est différent. Chaque cercle est complet.
(Kazuaki Tanahashi: Brush Mind)

Les cercles de Kaz sont des traditionelles images de méditation, dessinés dans un seul trait. La couche de couleur s’amincit vers la fin du trait, le cercle n’est pas vraiment fermé, et en tournant le pinceau, ce qui était dehors se retrouve dedans, et le dedans dehors. On peut le considerer comme une quète d’harmonie, toujours renouvelée.
Les deux cercles presentent des couleurs complémentaires, ils se contredisent et se completent l’un l’autre.

finis artis propose la première édition des cercles de Kaz dans le monde. Ils sont imprimés sur papier Arches en pur coton, fabriqué sur forme ronde, et – contre son habitude ! – signés et numérotés par l’artiste.

© finis artis
Impression autorisée seulement

(Photo: Lona Rothe-Jokisch)

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